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Introduction à la tendinopathie latérale du coude

Physiologie / douleurMusculosquelettique
Introduction à la tendinopathie latérale du coude

Contributeurs

Leanne Bisset

Dr (PhD)

Notes de la Masterclass

La douleur au coude pose souvent un dilemme en matière de diagnostic et de traitement. Si la tendinopathie est la pathologie la plus courante observée au niveau du coude chez l'adulte, la contribution de la pathologie tissulaire locale et des troubles sensorimoteurs varie d'un individu à l'autre. De plus, des facteurs psychosociaux et environnementaux peuvent contribuer à la gravité et à la chronicité des symptômes. Dans cette Masterclass introductive, le Dr Leanne Bisset passera en revue les mécanismes sous-jacents et la physiopathologie liés à la tendinopathie latérale du coude, ainsi que le rôle que jouent la fonction sensorimotrice et les facteurs psychosociaux dans la manifestation des symptômes.

Une pathologie fréquente mais pas toujours bénigne

La prévalence dans la population générale est de 1 à 3 %, mais elle grimpe :

  • jusqu’à 30 % chez les travailleurs manuels (ex. : métiers de la viande, du poisson, ou artisanat) ;
  • et jusqu’à 40 % chez les joueurs de tennis amateurs.

Contrairement à l’idée reçue d’une guérison spontanée en 6 à 24 mois, jusqu’à 20 à 50 % des patients présentent encore des symptômes persistants à 12 mois, indépendamment du traitement reçu, en particulier après une injection de corticostéroïdes.

Le diagnostic basé sur la clinique, pas sur l’imagerie

Les signes cliniques classiques :

  • Douleur localisée sur l’épicondyle latéral
  • Douleur à la palpation et à la résistance à l’extension du poignet ou du majeur
  • Diminution de la force de préhension sans douleur (« pain-free grip strength »)

L’imagerie n’est pas un outil diagnostique fiable :

  • Faible spécificité (47 %) malgré une bonne sensibilité
  • Nombreuses anomalies visibles chez des sujets asymptomatiques
  • Ne doit être utilisée que pour écarter le diagnostic, et non pour le confirmer

Conclusion : faites confiance à votre examen clinique, pas aux images.

Facteurs de risque et de mauvais pronostic

Facteurs de risque identifiés :

  • Travail manuel répétitif
  • Âge avancé
  • Tabagisme
  • Pathologies associées de l’épaule

Prédicteurs de mauvais pronostic :

  • Douleur et incapacité initiales importantes
  • Douleurs au cou et à l’épaule
  • Hyperalgésie au froid
  • Contraintes physiques professionnelles non modifiables

Au-delà du coude : Regardez plus haut, plus large

Faiblesse globale du membre supérieur

Même chez des patients unilatéraux ou asymptomatiques, nous observons :

  • une faiblesse bilatérale des muscles de l’épaule (abduction, rotation externe) ;
  • des déficits des extenseurs du poignet, du trapèze inférieur, du serratus antérieur.

Ne vous limitez pas au coude : intégrez un travail proximal, notamment de l’épaule et de la scapula.

Sensibilisation centrale

Les patients présentent souvent :

  • une hyperalgésie mécanique et au froid ;
  • des déficits sensorimoteurs bilatéraux (vitesse, temps de réaction, posture du poignet) ;
  • une augmentation de la sommation temporelle de la douleur, traduisant une facilitation centrale.

La douleur n’est plus uniquement périphérique : le système nerveux central est impliqué.

Facteurs psychosociaux : Le terrain influence le symptomatique

Bien que les données soient encore émergentes :

  • une douleur et une incapacité plus importantes sont associées à des niveaux plus élevés de dramatisation, kinésiophobie et qualité de vie diminuée ;
  • le langage négatif (interne ou externe) peut aggraver la douleur perçue et favoriser la chronicité.

Évaluez systématiquement les facteurs psychosociaux, surtout chez les patients douloureux chroniques ou non-répondeurs.

Conclusion : Une approche kinésithérapique multidimensionnelle

L’épicondylalgie n’est pas simplement un problème de tendon. Elle reflète un déséquilibre global :

  • biomécanique (faiblesses à distance, déficits moteurs) ;
  • neurologique (sensibilisation centrale) ;
  • psychologique (croyances, émotions, comportement).

Votre rôle ne se limite pas au coude, mais s’étend à la compréhension de l’ensemble du système du patient.

En pratique, pour le kiné :

  • Évaluez la douleur localement… mais pensez globalement.
  • Travaillez la force proximale, pas uniquement le poignet.
  • Interrogez sur les douleurs cervicales, scapulaires, et les réponses au froid.
  • Repérez les signes de sensibilisation centrale et adaptez votre approche.
  • Intégrez l’éducation, les facteurs psychosociaux et le raisonnement clinique à chaque étape.
  • L’imagerie est secondaire, la clinique est votre priorité.

Pensez votre traitement comme un chef d’orchestre

Le tendon est un instrument. Mais pour une harmonie complète (mouvement sans douleur), l’ensemble du système doit être accordé : muscles proximaux, système nerveux, psyché du patient. Votre mission est d’orchestrer cette symphonie de récupération.

Utilisé par 45 000+ kinés

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