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Retour au sport après tendinopathie de la coiffe : Quels critères ?

Diagnostic et évaluationMusculosquelettique
Retour au sport après tendinopathie de la coiffe : Quels critères ?

Contributeurs

Franck Lagniaux

Kinésithérapeute du sport, président de la SFMKS et membre du SFMKS Lab

Notes de la Masterclass

Implications cliniques

Chez le sportif overhead, le retour au sport ne peut pas se limiter à la disparition de la douleur. Mesurez précisément la force et la mobilité au dynamomètre ou à l'isocinétisme pour objectiver les déficits et suivre l'évolution.

Combinez tests analytiques (force, amplitude) et tests fonctionnels (performance spécifique au sport) pour une évaluation complète : « Un handballeur capable de faire du vélo n'est pas prêt à relancer ».

Privilégiez les comparaisons intra-individuelles plutôt que les seuils standardisés, en tenant compte des exigences réelles du sport et des objectifs du patient.

Utilisez les Physical Performance Tests simples et transposables : ils détectent les déficits avant la re-blessure et permettent un suivi tout au long de la saison.

Ne cherchez pas le test magique : aucun test ne prédit seul le risque de re-blessure. La clé est l'intégration de plusieurs indicateurs (douleur, force, amplitudes, contrôle, endurance) dans une batterie adaptée au contexte sportif.

Retour au sport après tendinopathie de coiffe chez le sportif overhead

Introduction

La masterclass présentée par Franck aborde la question du retour au sport après tendinopathie de la coiffe des rotateurs, avec un focus particulier sur la place des tests de performance physique dans la décision clinique. L'objectif n'est pas seulement de déterminer si l'athlète peut reprendre une activité, mais d'estimer s'il peut retrouver un niveau de performance compatible avec les exigences réelles de son sport.

Cette réflexion concerne principalement les sports de lancer et les disciplines dites overhead, comme le handball, le tennis, le baseball ou la natation. Dans ces contextes, les contraintes mécaniques imposées à l'épaule sont considérables, et les tendinopathies de coiffe représentent une part majeure des pathologies observées. La conférence insiste sur un point central pour la pratique clinique : les tests analytiques et fonctionnels ne s'opposent pas, ils doivent être combinés pour guider un retour au sport raisonné, progressif et individualisé.

Pourquoi la question du retour au sport est centrale dans les tendinopathies de coiffe

Les tendinopathies de coiffe sont particulièrement fréquentes dans les sports overhead. Elles représenteraient jusqu'à 60 % des problèmes d'épaule dans ces disciplines, et jusqu'à 90 à 91 % chez les nageurs d'élite. Cette fréquence élevée s'explique en grande partie par des mécanismes de surutilisation.

Chez le nageur, le volume gestuel hebdomadaire est considérable. Chez les lanceurs ou les handballeurs, les vitesses de rotation sont extrêmes, de l'ordre de 4 000 à 5 000 degrés par seconde au handball, et pouvant atteindre 7 500 degrés par seconde dans certains sports comme le baseball. Ces contraintes répétées exposent la coiffe à des sollicitations très importantes, qui se traduisent cliniquement par trois grands marqueurs déjà bien connus : la douleur, la perte de force et les limitations fonctionnelles.

L'enjeu du retour au sport est d'autant plus complexe que, contrairement à d'autres blessures, une atteinte de l'épaule n'interrompt pas toujours immédiatement la pratique. Un sportif souffrant d'une entorse de cheville cesse généralement de courir. À l'inverse, un athlète qui a mal à l'épaule continue souvent à jouer, à lancer ou à frapper, certes moins bien, mais sans arrêt complet. Cette poursuite de l'activité malgré la douleur augmente le risque de reprise prématurée, de compensation motrice et de chronicisation.

L'objectif réel : revenir au sport, ou revenir à la performance ?

Un des apports majeurs de cette intervention est de rappeler que le retour au sport ne peut pas être réduit à la simple reprise d'une activité physique. En cohérence avec le consensus de Berne sur le retour au sport (Ardern et al., 2016), l'objectif pertinent est le retour à la performance.

La nuance est essentielle. Autoriser un handballeur à reprendre le vélo ne signifie pas qu'il est prêt à reprendre son sport. L'autoriser à rejouer au handball ne signifie pas non plus qu'il a retrouvé un niveau suffisant pour répondre aux exigences de sa discipline. Un joueur capable de revenir sur le terrain mais limité à 50 % de ses capacités n'est pas réellement revenu à son niveau de pratique.

Pour le clinicien, cela implique de raisonner au-delà de la disparition des symptômes. Il s'agit d'évaluer si l'athlète a récupéré les qualités nécessaires à son activité : force, contrôle, endurance, mobilité, stabilité, et capacité à tolérer les contraintes spécifiques du geste sportif. C'est précisément dans cette perspective que les Physical Performance Tests trouvent leur place.

Les tests analytiques ne suffisent pas à eux seuls

L'évaluation du retour au sport repose classiquement sur deux grandes familles d'outils : les tests analytiques et les tests fonctionnels.

Les tests analytiques conservent toute leur importance. Une mesure de force au dynamomètre ou à l'isocinétisme permet d'objectiver des déficits, de suivre l'évolution d'un patient et d'obtenir des données comparables dans le temps. L'isocinétisme reste souvent considéré comme une référence pour l'évaluation musculaire, notamment lorsqu'il s'agit de quantifier les rapports de force ou les asymétries.

Cependant, ces tests présentent une limite évidente : ils restent éloignés des exigences réelles du terrain. Une mesure de rotation externe au dynamomètre ne reproduit pas un lancer de javelot, un smash au tennis ou un tir en suspension au handball. L'information fournie est utile, mais incomplète si elle est utilisée seule.

En pratique, cela signifie qu'une récupération satisfaisante sur le plan analytique ne garantit pas automatiquement une capacité fonctionnelle suffisante. Le clinicien doit donc compléter cette approche par des tests plus globaux et plus proches de l'activité.

L'intérêt des Physical Performance Tests dans la décision clinique

Les Physical Performance Tests apparaissent comme une alternative particulièrement intéressante dans l'évaluation du retour au sport. Selon l'intervenant, et en cohérence avec les données les plus récentes évoquées dans la masterclass, leur intérêt est multiple.

D'abord, ces tests permettent de solliciter plusieurs dimensions simultanément : la force, la stabilité, l'endurance, l'agilité, la mobilité et le contrôle moteur. Ensuite, ils présentent un avantage logistique majeur : ils sont peu coûteux, rapides à mettre en place et facilement transférables du sport de haut niveau à la pratique amateur.

Ce point est particulièrement important pour les kinésithérapeutes de terrain ou de cabinet. Contrairement à des outils plus lourds à mobiliser, les tests fonctionnels peuvent être intégrés dans la pratique courante, répétés à différents moments de la rééducation, et utilisés également en suivi saisonnier. Ils facilitent ainsi le lien entre rééducation et reprise sportive effective.

Il faut néanmoins garder une posture nuancée. Ces tests ne permettent pas de prédire avec certitude le risque de blessure ou de re-blessure. C'est une attente fréquente des entraîneurs et des athlètes, mais aucun test isolé ne permet aujourd'hui d'annoncer de manière fiable qu'un sportif ne se re-blessera pas. Les tests apportent des indicateurs de préparation, pas une garantie.

À quel moment mettre en place les tests ?

La mise en place des tests de performance physique suppose que certains prérequis soient remplis. Il ne s'agit pas d'attendre la toute fin de rééducation pour tester « parce que tout semble aller mieux », mais de s'assurer que les conditions cliniques minimales sont réunies.

Le premier critère est l'absence de douleur, au repos comme à l'effort. Si le test réveille ou entretient la symptomatologie, son intérêt devient limité et son interprétation plus difficile.

Le second critère est la récupération de la force musculaire. Cette récupération n'est pas toujours simple à objectiver, mais l'idéal est de pouvoir la confronter à des données de pré-saison lorsque celles-ci existent, ou à défaut à des repères individualisés. L'objectif est de retrouver une capacité musculaire cohérente avec les exigences du sport, en tenant compte des asymétries physiologiques propres à certaines disciplines.

Le troisième critère concerne la récupération des amplitudes articulaires. Une limitation de mobilité, notamment dans les sports de lancer, peut compromettre la qualité du geste, favoriser les compensations et fausser les résultats des tests fonctionnels.

Enfin, l'intervenant rappelle l'importance de la chaîne cinétique. Même si ce point n'était pas le cœur de la masterclass, il est fondamental dans le raisonnement clinique. Dans un geste de lancer, l'épaule ne fonctionne jamais seule. Des déficits situés plus bas, notamment au niveau du tronc, du bassin ou des membres inférieurs, peuvent altérer l'efficacité du geste et majorer la charge sur la coiffe. En pratique, un retour au sport bien conduit impose donc de ne pas limiter l'évaluation à l'épaule isolée.

Les grandes familles de tests : chaîne ouverte et chaîne fermée

Les tests utilisables dans ce contexte peuvent être classés en deux grandes catégories : les tests en chaîne ouverte et les tests en chaîne fermée. Les deux approches sont pertinentes, à condition d'être choisies en fonction de la discipline et du profil du sportif.

L'évolution récente des recommandations va plutôt dans le sens d'une utilisation en batterie de tests, plutôt que de la recherche d'un test unique supposé répondre à toutes les situations. Les travaux cités dans la masterclass, notamment ceux de Popchak et les recommandations du consensus de Bern 2022, vont dans ce sens : la combinaison de plusieurs indicateurs renforce la qualité de la décision clinique.

Cette approche est particulièrement utile car aucun test ne capte à lui seul toute la complexité d'un geste sportif overhead. La spécificité du sport, le niveau de pratique, l'historique du patient, son poste, son volume d'entraînement et ses objectifs doivent orienter le choix des outils.

Trois exemples de tests fonctionnels utilisables en pratique

Upper Limb Rotation Test

L'Upper Limb Rotation Test, développé notamment par Philippe Decleve, est présenté comme un test intéressant en charge, mobilisant à la fois la chaîne cinétique, la stabilité et la mobilité.

Le sportif se place en position de push-up modifiée, avec les chevilles, les hanches et les épaules au contact du mur, puis doit ouvrir le membre supérieur pour atteindre une cible. Le protocole mentionné repose sur trois essais de 15 secondes, séparés par 45 secondes de repos.

Ce test ne se limite pas à une mesure de force. Il donne également des informations sur la mobilité thoracique et le contrôle global. En pratique, un patient présentant une restriction de mobilité thoracique peut être mis en difficulté sur ce test, ce qui constitue un signal clinique utile. L'intérêt est donc double : évaluer la capacité fonctionnelle, mais aussi repérer des freins potentiels au retour au geste sportif.

Closed Kinetic Chain Upper Extremity Stability Test

Le CKCUEST est probablement l'un des tests les plus étudiés dans la littérature actuelle. Il évalue la stabilité dynamique du membre supérieur en chaîne fermée, avec une forte composante de co-contraction et de co-compression articulaire.

Le protocole classique consiste à placer les mains à une distance de 91,4 cm l'une de l'autre. Le patient doit venir toucher alternativement la main opposée, puis revenir à la position initiale, en respectant strictement le placement de départ. Un essai n'est validé que si la technique est correctement maintenue.

Les données rapportées dans la présentation indiquent des performances moyennes de l'ordre de 25 à 27 touches chez les hommes et de 20 à 22 chez les femmes. Ces résultats sont à interpréter avec prudence, mais le test présente de bonnes qualités métrologiques, avec des coefficients de reproductibilité supérieurs à 0,75.

Sur le plan clinique, ce test est intéressant pour explorer la stabilité active, le contrôle scapulo-huméral et la tolérance à des contraintes répétées en charge. Il peut être pertinent chez des sportifs nécessitant une bonne stabilité du membre supérieur en situation dynamique. En revanche, il n'est pas universel. L'intervenant rappelle à juste titre qu'il ne constitue pas forcément le meilleur choix chez le nageur, alors qu'il est couramment intégré à certaines batteries chez les rugbymen.

Shoulder Endurance Test

Le Shoulder Endurance Test est davantage orienté vers l'évaluation de la fatigabilité. Le principe est de tester la capacité à maintenir ou répéter un mouvement dans une position d'armé, avec résistance élastique et cadence imposée par un métronome, la fréquence augmentant progressivement.

L'intervenant précise qu'une anomalie figurait sur la vidéo montrée lors de la masterclass : la main doit normalement être placée dans le dos, et non sur la hanche. Ce détail est important car la standardisation du protocole conditionne la validité de l'interprétation.

Deux types de données peuvent être recueillis : le nombre de répétitions ou de touches réalisées, et la difficulté perçue, souvent via une échelle de type RPE. Ce test a un intérêt particulier chez les sportifs chez qui l'endurance spécifique de l'épaule est déterminante, notamment dans les contextes de répétition gestuelle prolongée.

En pratique, il permet d'identifier des situations où la force maximale semble acceptable, mais où la fatigabilité reste excessive, ce qui est fréquent dans les retours au sport trop précoces.

Pourquoi raisonner en batterie de tests plutôt qu'avec un test unique

L'un des messages les plus importants de la masterclass est l'abandon de la logique du « test magique ». Aujourd'hui, les données disponibles suggèrent qu'il est préférable d'utiliser plusieurs tests complémentaires plutôt que de chercher un indicateur unique supposé suffire à la décision.

Cette approche en batterie est soutenue par plusieurs travaux évoqués dans la présentation, notamment ceux de Maggie Hall, ainsi que par des travaux Delphi menés par Camille Tassignon et collaborateurs. L'idée n'est pas qu'il existe une batterie universelle meilleure que toutes les autres, mais qu'il faut sélectionner les outils les plus pertinents en fonction de la situation clinique.

L'image proposée par l'intervenant est très parlante : les tests sont des outils, comme dans une boîte à outils. Le bon raisonnement n'est pas de chercher l'outil idéal en toute circonstance, mais de choisir le bon outil pour le bon problème. Cette logique doit guider le clinicien lorsqu'il construit son protocole d'évaluation.

Concrètement, cela signifie qu'une batterie pertinente doit tenir compte du sport pratiqué. Un test adapté au rugby ne sera pas nécessairement pertinent chez le nageur. La sélection doit également tenir compte de la structure déficitaire du patient : déficit de stabilité, manque de mobilité, endurance insuffisante, appréhension, asymétrie persistante ou déconditionnement global.

L'importance de la spécificité sportive

Les tests de retour au sport après tendinopathie de coiffe ne sont pas spécifiques de la tendinopathie. Ils peuvent être utilisés plus largement dans l'évaluation de l'épaule sportive, y compris dans des contextes d'instabilité ou d'autres atteintes fonctionnelles.

Ce qui détermine leur intérêt, ce n'est donc pas seulement la lésion, mais surtout le contexte sportif. Ce point fait écho à une idée forte en rééducation du sportif : la question n'est pas uniquement « quelle pathologie traite-t-on ? », mais « pour quel sport, avec quelles contraintes, et dans quel objectif de retour ? ».

Cette orientation a des implications très concrètes. Un joueur de tennis loisir n'a pas les mêmes besoins qu'un joueur professionnel. Un athlète de haut niveau doit retrouver une capacité de production et de répétition gestuelle très élevée. À l'inverse, un pratiquant récréatif peut viser un retour fonctionnel satisfaisant sans chercher des niveaux extrêmes de puissance ou d'endurance.

Le test choisi, les critères retenus et le niveau d'exigence doivent donc être cohérents avec la réalité du patient. C'est un point clé pour éviter les décisions trop standardisées.

Les valeurs de référence : utiles, mais à manier avec prudence

La masterclass insiste avec raison sur un piège fréquent : la surinterprétation des valeurs de référence issues de la littérature.

Les cliniciens sont souvent sollicités pour donner une norme ou un seuil : combien de répétitions faut-il atteindre, quel score faut-il obtenir, à partir de quelle valeur peut-on valider un retour au sport ? Ces repères peuvent être utiles, mais seulement s'ils sont replacés dans leur contexte.

Une valeur de référence publiée n'a de sens que pour la population étudiée. Des normes établies chez des handballeurs de 16 ans s'entraînant dix heures par semaine au niveau national ne peuvent pas être transposées à un joueur de 35 ans en fin de carrière ou à un pratiquant loisir. Comparer ces profils serait méthodologiquement et cliniquement inadapté.

En pratique, l'intervenant défend une approche prioritairement intra-individuelle. Autrement dit, la meilleure référence est souvent le patient lui-même. Les données recueillies en pré-saison, ou à défaut en début de suivi, sont particulièrement précieuses. Elles permettent de juger la progression du sportif par rapport à son niveau initial, ce qui est souvent plus pertinent que la comparaison à des moyennes de groupe.

Pour le kinésithérapeute, cela implique de documenter les performances lorsque le patient est en bonne santé, dès que cela est possible. Cette démarche de suivi longitudinal devient ensuite un atout majeur pour piloter la reprise.

Monitorer tout au long de la saison : un enjeu majeur

Au-delà du retour après blessure, les tests de performance physique ont aussi un intérêt en suivi longitudinal. Répétés au cours de la saison, ils permettent de repérer une baisse de performance, une augmentation de la fatigabilité ou une asymétrie émergente.

Cette surveillance est utile pour mettre en lien les évolutions fonctionnelles avec d'autres paramètres cliniques : apparition d'une douleur référée, augmentation de la charge d'entraînement, modification technique ou accumulation de fatigue. Le test ne doit donc pas être vu uniquement comme un outil de fin de rééducation, mais comme un instrument de monitorage.

Dans la pratique clinique, cette perspective est particulièrement pertinente chez les sportifs exposés à de fortes charges répétitives. Une dégradation progressive des performances sur certains tests peut alerter avant l'apparition d'une symptomatologie franche, ou aider à objectiver un besoin d'adaptation de charge.

Tests analytiques et tests fonctionnels : une complémentarité indispensable

Le message final de l'intervention est clair : il ne faut pas opposer les tests analytiques et les tests fonctionnels. Les deux sont nécessaires, car ils répondent à des questions différentes.

Les tests analytiques permettent de quantifier précisément certaines capacités, notamment la force. Les tests fonctionnels renseignent davantage sur l'intégration de ces capacités dans des tâches dynamiques, plus proches des contraintes sportives. Pris isolément, chacun reste incomplet.

Pour la décision clinique, cette complémentarité est essentielle. Un patient peut présenter une force rassurante sur le plan analytique tout en restant limité fonctionnellement. À l'inverse, une bonne tolérance sur certains tests fonctionnels ne doit pas faire négliger des déficits musculaires persistants. Le raisonnement le plus robuste repose donc sur la convergence de plusieurs indicateurs : douleur, force, amplitudes, qualité de mouvement, endurance, stabilité, contrôle moteur et objectifs sportifs.

Une réflexion finale sur la notion de performance

L'intervention se conclut sur une réflexion particulièrement utile pour la pratique : qu'entend-on réellement par performance ?

Parler de tests de performance peut conduire à une forme de confusion si l'on oublie que le premier objectif reste de soigner une blessure. La performance ne se définit pas de façon absolue, mais relativement à la personne, à son sport et à ses attentes. Les exigences de Novak Djokovic ou de Jannik Sinner ne sont pas celles d'un joueur loisir qui souhaite simplement reprendre ses matchs du week-end sans douleur.

Cette idée doit guider l'ensemble du processus de rééducation. Le retour au sport ne se juge pas uniquement à l'aide de scores ou de seuils standardisés, mais à travers l'adéquation entre les capacités retrouvées et les exigences réelles du patient. C'est cette individualisation qui donne du sens aux tests, et non l'inverse.

Conclusion

Le retour au sport après tendinopathie de coiffe ne peut pas se limiter à la disparition de la douleur ou à une impression subjective d'amélioration. Chez le sportif overhead, il doit s'appuyer sur une évaluation structurée, associant tests analytiques et tests fonctionnels, afin d'apprécier la capacité réelle à retrouver les exigences du geste sportif.

Les Physical Performance Tests constituent des outils particulièrement intéressants car ils sont simples, peu coûteux, transférables à la clinique quotidienne et plus proches des contraintes du terrain que les évaluations purement analytiques. Leur utilisation est cependant conditionnée par un raisonnement rigoureux : choix adapté au sport, interprétation prudente, préférence pour les comparaisons intra-individuelles, et intégration dans une batterie de tests plutôt qu'en recours à un indicateur isolé.

En pratique, le clinicien doit retenir trois idées fortes. D'abord, il n'existe pas de test magique ni de test capable de prédire à lui seul le risque de re-blessure. Ensuite, la qualité de l'évaluation dépend de sa spécificité sportive et de son individualisation. Enfin, les tests ont autant d'intérêt pour décider d'un retour au sport que pour monitorer l'athlète au cours de la saison.

L'enjeu n'est donc pas seulement de permettre au patient de reprendre une activité, mais de l'aider à retrouver le niveau de fonction et de performance qui correspond réellement à son sport et à ses objectifs.

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