Fullphysio
Fonctionnalités
Prise en charge

Suivez vos patients entre deux séances, du bilan initial aux programmes d'exercices.

  • Bilan
  • Prescription d'exercices
  • Éducation en santé
  • Dossier patient
Connaissance

Fullphysio IA - Veille scientifique - Formation continue - Ressources cliniques

  • Fullphysio IA
  • Bibliothèque de contenus
Ressources
TarifsAccès patient

Slump test

Rachis lombaireMusculosquelettique
Slump test

Protocole du test

Contexte

À l’origine, le slump test est utilisé pour évaluer la mécanosensibilité des structures neuroméningées dans le canal vertébral. Dès 1881, Lazarevic décrivait la possibilité de reproduire la sciatique du patient en position assise, en étendant le genou du côté douloureux (Drača et al., 2015). Le slump test, en lui-même, a été proposé dans les années 1980 (Maitland et al., 1985 ; Koury et al., 1994), et a été rapidement démocratisé en raison de sa très bonne reproductibilité intra- et même interobservateur (k = 0,83 à 0,89) (Philip et al., 1989), aussi bonne que celle du test de Lasègue (Flavell et al., 2016).

Des études antérieures ont effectivement démontré que le slump test avait une utilité diagnostique pour différencier les structures neurales et les structures non neurales. Ce test comporte plusieurs étapes qui consistent à mettre en tension de manière progressive le tissu neural. Après chaque étape, le thérapeute demandera au patient s’il ressent une douleur familière au niveau du membre inférieur. Il peut s’agir d’une sensation de brûlure, d’engourdissement ou bien encore d’une douleur lancinante.

Vidéo du test

Réalisation

Pour réaliser le test, le patient commence assis en bout de table, les genoux fléchis à 90°, le dos droit, en regardant devant lui.

Dans un premier temps, nous demandons au patient de positionner ses mains dans le dos de manière à garder une colonne lombaire en position neutre.

La première étape consiste à demander au patient de s’affaisser, donc de fléchir le dos au niveau thoracique et lombaire en effectuant une rétroversion du bassin, tout en gardant la tête droite.

Si la position ne réveille pas les symptômes, le thérapeute effectue une légère pression sur les épaules du patient. L’étape suivante consiste à lui demander d’amener son menton à la poitrine.

Si, à cette étape, le patient ne ressent toujours pas de douleur familière, le thérapeute peut ajouter une légère surpression au niveau de la flexion cervicale.

Pour l’étape suivante, le thérapeute demande au patient d’effectuer une élévation de la jambe.

Enfin, pour mettre en tension maximale les structures nerveuses, le kinésithérapeute peut ajouter une flexion dorsale de la cheville du patient. Bien entendu, il sera inutile d’aller aussi loin dans les étapes si le patient présente rapidement une augmentation des symptômes.

À l’apparition du symptôme familier, demandez au patient de relâcher la flexion cervicale (ou diminuez la dorsiflexion de cheville). Si le symptôme diminue ou disparait, l’origine neurale est probable ; s’il persiste sans changement, une origine non neurale (myofasciale, articulaire) est plus probable. Cette manœuvre est essentielle à l’interprétation du test et améliore significativement sa fiabilité interévaluateur (κ = 0,85 ; Pesonen et al., 2021).

Valeur clinique

Une étude portait sur 34 patients africains souffrant de douleurs radiculaires lombaires, ayant subi une IRM pour une suspicion de hernie discale, et chez qui un test de Lasègue et un slump test ont été réalisés. Cette étude a conclu qu'en prenant comme référence la présence d'une hernie discale compatible avec une douleur radiculaire, le test de Lasègue était légèrement plus sensible que le slump test (87,5 % contre 80 %), mais le slump test était plus spécifique (71,4 % contre 42,9 %) (M’Kumbuzi et al., 2012).

À l'inverse, une étude turque portait sur 75 patients souffrant de lombalgies ou de douleurs radiculaires lombaires, dont 38 avaient une hernie discale à l'IRM. Dans cette étude, le slump test était plus sensible pour confirmer la présence d'une hernie discale (84 %) que le SLR (52 %), et leur spécificité était similaire (83 % vs 89 %) (Majilesi et al., 2008).

Il en a été de même dans une cohorte de 99 patients suédois souffrant de sciatique, dont l'âge moyen était de 59 ans, et qui présentaient tous une hernie discale selon l'IRM. Le signe le plus fréquent était un slump test positif avec 67/99 patients, alors que le SLR n'était positif que chez 50/99 patients (Ekedahl et al., 2018). L’analyse par type de lésion (Ekedahl et al., 2018) précise que le Slump possède la sensibilité la plus élevée pour détecter une extrusion (Se 0,78) et une compression sous-articulaire de la racine (Se 1,00), mais avec une spécificité faible (0,36 à 0,38).

D'après les résultats de González et ses collaborateurs en 2020, aucun test ne semble avoir une utilité clinique suffisante lorsqu'ils sont effectués individuellement et une combinaison de tests est donc recommandée. Seule la combinaison slump test + triade de Déjerine (toux, éternuement, défécation) atteignait une validité interne et externe. Cette conclusion rejoint la revue systématique de Petersen, Laslett et Juhl (2017), qui recommande l’usage de clusters de tests plutôt que de tests isolés pour identifier une atteinte radiculaire lombaire.

Mise en perspective clinique

Le Slump test offre une approche multisegmentaire de la mécanosensibilité neurale. Plus sensible que le Lasègue SLR pour hernie discale, il permet aussi de différencier l'implication neurologique (douleur radiculaire caractéristique) versus mécanique (restriction articulaire ou musculaire). Son approche progressive facilite l'isolement du segment atteint. Associé aux patterns de mouvement de McKenzie ou à l'analyse du contrôle moteur, il devient un outil stratégique de classification.

En pratique au cabinet

Présentez le test au patient avec clarté : "Je vais vous demander de vous avachir, puis de fléchir la tête, et enfin d'étendre la jambe pour voir à quel moment apparaît votre douleur." Notez précisément l'étape de provocation (affaissement, flexion cervicale, élévation jambe, dorsiflexion). Demandez la qualité exacte du symptôme : douleur radiculaire (brûlure, irradiation) vs blocage mécanique (restriction simple). Utilisez la dorsiflexion de cheville comme manœuvre d'accentuation pour confirmer l'implication nerveuse. Documentez la reproduction du symptôme familier. En cas de positivité modérée avec résistance à la progression du test, envisagez un travail d'assouplissement neurodynamique (slump stretching) comme traitement adjuvant.

Bibliographie

Coppieters, Michel W., Kimberly Kurz, Thor Einar Mortensen, Nicola L. Richards, Ingrid A. Skaret, Laurie M. McLaughlin, and Paul W. Hodges. “The Impact of Neurodynamic Testing on the Perception of Experimentally Induced Muscle Pain.” Manual Therapy 10, no. 1 (February 2005): 52–60

Drača, Sanja. « Lazar K. Lazarević, the Author Who First Described the Straight Leg Raising Test ». Neurology 85, nᵒ 12 (22 septembre 2015): 1074‑77.

Ekedahl, Harald, Bo Jönsson, Mårten Annertz, et Richard B. Frobell. « Accuracy of Clinical Tests in Detecting Disk Herniation and Nerve Root Compression in Subjects With Lumbar Radicular Symptoms ». Archives of Physical Medicine and Rehabilitation 99, nᵒ 4 (avril 2018): 726‑35.

Flavell, Carol Ann, Susan Gordon, et Kerrianne Watt. « Intra-Examiner Reliability of Lumbar Spine and Neuro-Dynamic Flexibility Measurements in an Older and Overweight Healthy Asymptomatic Population ». Journal of Back and Musculoskeletal Rehabilitation, 27 mai 2016.

González Espinosa de Los Monteros, F. J., Gonzalez-Medina, G., Ardila, E. M. G., Mansilla, J. R., Expósito, J. P., & Ruiz, P. O. (2020). Use of Neurodynamic or Orthopedic Tension Tests for the Diagnosis of Lumbar and Lumbosacral Radiculopathies : Study of the Diagnostic Validity. International Journal of Environmental Research and Public Health, 17(19), 7046.

Maitland G, et al (2001). Maitland’s vertebral manipulation. 6th ed. Oxford : Butterworth-Heinemann; pp. 328-83.

Maitland, G. D. “The Slump Test: Examination and Treatment.” The Australian Journal of Physiotherapy 31, no. 6 (1985): 215–19.

Majlesi, Javid, Halit Togay, Halil Unalan, et Sadk Toprak. « The Sensitivity and Specificity of the Slump and the Straight Leg Raising Tests in Patients with Lumbar Disc Herniation ». Journal of Clinical Rheumatology: Practical Reports on Rheumatic & Musculoskeletal Diseases 14, nᵒ 2 (avril 2008): 87‑91.

M’kumbuzi, V. R. P., J. T. Ntawukuriryayo, J. D. Haminana, J. Munyandamutsa, et E. Nzakizwanimana. « Accuracy of Straight Leg Raise and Slump Tests in Detecting Lumbar Disc Herniation: A Pilot Study ». The Central African Journal of Medicine 58, nᵒ 1‑4 (avril 2012): 5‑11.

Pourahmadi, Mohammadreza, Hamid Hesarikia, Abbasali Keshtkar, Hamid Zamani, Rasool Bagheri, Ali Ghanjal, and Alireza Shamsoddini. “Effectiveness of Slump Stretching on Low Back Pain: A Systematic Review and Meta-Analysis.” Pain Medicine (Malden, Mass.) 20, no. 2 (01 2019): 378–96.

Tucker, Neil, Duncan Reid, and Peter McNair. “Reliability and Measurement Error of Active Knee Extension Range of Motion in a Modified Slump Test Position: A Pilot Study.” The Journal of Manual & Manipulative Therapy 15, no. 4 (2007): E85-91.

Utilisé par 45 000+ kinés

Essayez Fullphysio gratuitement

Évaluez, engagez, suivez

Essayer gratuitement
Logo Fullphysio

Connaissances EBP et prise en charge patient, réunies dans une seule plateforme pour les kinés.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir la newsletter de Fullphysio. Chaque e-mail porte un lien de désinscription. Politique de confidentialité

© 2026 Fullphysio. Tous droits réservés