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Test d’extension lombaire passive

Rachis lombaireMusculosquelettique
Test d’extension lombaire passive

Protocole du test

Contexte

Il a été prouvé que l’identification de différents sous-groupes au sein des patients souffrant de lombalgie pourrait aider dans la prise en charge. L’un de ces sous-groupes est l’instabilité segmentaire lombaire. Son diagnostic repose essentiellement sur un cluster d’indices subjectifs et objectifs que vous retrouverez dans le Module sur la lombalgie.

Néanmoins, les cliniciens ont utilisé plusieurs tests cliniques pour détecter l’instabilité de la colonne vertébrale et la capacité des muscles à stabiliser la colonne lombaire, et notamment le test d'extension lombaire passive.

Vidéo du test

Réalisation

Pour réaliser ce test, le patient est en procubitus sur la table. Le thérapeute se tient debout aux pieds du patient, saisit ses chevilles pour les élever d’environ 30 cm au-dessus de la table, puis, doucement, le thérapeute effectue une légère traction pour maintenir les genoux tendus. Le test est positif si le patient se plaint de douleurs sévères dans la région lombaire, s’il exprime la sensation que le bas de son dos « se détache » ou encore si la douleur disparait lorsque les membres inférieurs sont replacés dans la position initiale.

Valeur clinique

Concernant la valeur clinique de ce test, c’est Kasai et son équipe qui ont proposé ce test en 2006, dans le but de diagnostiquer une instabilité lombaire structurelle. Les auteurs ont trouvé dans leur étude une sensibilité de 84 % et une spécificité de 90 % soutenant l’intérêt de ce test en pratique clinique.

Dans leur étude en 2015, Ferrari et al. ont trouvé que le test d’extension lombaire passive était celui qui était le plus précis et celui qui fournissait le plus d’informations avec une sensibilité et une spécificité élevée (Ferrari et al., 2015 ; Wang et Huang, 2022).

Toutefois, en 2019, Rathod et al. ont évalué la valeur clinique de ce test en utilisant la radiographie comme outil de référence pour diagnostiquer une instabilité structurelle de la colonne lombaire. Les auteurs ont attribué au test d’extension lombaire passive une sensibilité de 68,89 % et une spécificité de 20 % (Rathod et al., 2019 ; Wang et Huang, 2022).

Il est important de noter que, malgré la présence d’examens d’imagerie négatifs, certains auteurs parlent d’instabilité dite « clinique » ou « fonctionnelle » dans laquelle aucun défaut de structure du rachis lombaire et aucune translation ou rotation excessive n’ont été montrés.

Mise en perspective clinique

Ce test est un élément clé du diagnostic d'instabilité lombaire segmentaire. Ne l'interprétez jamais seul : intégrez-le dans le cluster d'instabilité avec les tests en flexion et le prone instability test. Contextualisez dans l'approche McKenzie pour déterminer la préférence directionnelle. Mesurez l'endurance des extenseurs (Sørensen) et l'impact fonctionnel (ODI).

En pratique au cabinet

L'extension lombaire passive est un test stratégique pour identifier une instabilité segmentaire lombaire, particulièrement L4-L5 ou L5-S1. Utilisez-le de cette manière : (1) Conduisez le test en extension passive — observez l'apparition ou l'aggravation de la douleur patient. (2) Intégrez ce résultat dans un cluster d'instabilité incluant les tests en flexion et le prone instability test — ne diagnostiquez jamais sur un test isolé. (3) Contextualisez avec l'approche McKenzie : l'extension provoque-t-elle centralisation ou périphéralisation ? Oriente-t-elle vers une préférence directionnelle ? (4) Mesurez l'endurance des extenseurs avec le Sørensen et l'impact fonctionnel global avec l'ODI. Consigne patient : « Ce test vérifie la stabilité d'un segment de votre colonne. Si ce test provoque vos douleurs habituelles, cela nous guide vers des exercices de stabilisation spécifiques. »

Bibliographie

Ferrari, Silvano, Tiziana Manni, Francesca Bonetti, Jorge Hugo Villafañe, et Carla Vanti. « A literature review of clinical tests for lumbar instability in low back pain: validity and applicability in clinical practice ». *Chiropractic & Manual Therapies* 23 (8 avril 2015).

Kasai, Yuichi, Koichiro Morishita, Eiji Kawakita, Tetsushi Kondo, et Atsumasa Uchida. « A New Evaluation Method for Lumbar Spinal Instability: Passive Lumbar Extension Test ». *Physical Therapy* 86, no 12 (décembre 2006): 1661‑67.

Hodges, Paul W., et G. Lorimer Moseley. « Pain and Motor Control of the Lumbopelvic Region: Effect and Possible Mechanisms ». *Journal of Electromyography and Kinesiology: Official Journal of the International Society of Electrophysiological Kinesiology* 13, no 4 (août 2003): 361‑70.

Macedo, Luciana G., Jane Latimer, Chris G. Maher, Paul W. Hodges, Michael Nicholas, Lois Tonkin, James H. McAuley, et Ryan Stafford. « Motor Control or Graded Activity Exercises for Chronic Low Back Pain? A Randomised Controlled Trial ». *BMC Musculoskeletal Disorders* 9 (5 mai 2008): 65.

Rathod, Ashok Keshav, Bipul Kumar Garg, et Varun Mukesh Sahetia. « Lumbar Rocking Test: A New Clinical Test for Predicting Lumbar Instability ». *Journal of Craniovertebral Junction & Spine* 10, no 1 (mars 2019): 33‑38.

Wang, Y., & Huang, K. (2022). Research progress of diagnosing methodology for lumbar segmental instability. Medicine, 101(1), e28534.

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