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Impact neuro-cognitif : Rééducation et réadaptation

MusculosquelettiqueRééducation par l'exercice
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Impact neuro-cognitif : Rééducation et réadaptation

Notes du webinar

Neurocognition et instabilité chronique de cheville : optimiser la rééducation par le cerveau

Par Bruno Tassignon – Professeur à l’Université de Hasselt (Belgique)
Masterclass Fullphysio

Pourquoi la neurocognition est-elle un élément clé en rééducation ?

Dans cette séquence, Bruno Tassignon explore un angle encore peu abordé dans la prise en charge des entorses latérales de cheville et de l’instabilité chronique : le rôle du cerveau. Son intervention souligne combien les capacités neurocognitives – attention, prise de décision, réaction, traitement visuel – influencent directement la récupération et le risque de blessure.

De nombreuses études ont montré qu’un faible niveau de neurocognition de base augmente le risque de blessure sportive. Ce déficit peut être aggravé par des facteurs tels qu’un manque de sommeil, le stress ou des antécédents de commotion.

Entorse de cheville et fonctions neurocognitives : une relation bidirectionnelle

L’impact ne se fait pas dans un seul sens. Une entorse ou une instabilité chronique entraîne souvent une altération des capacités neurocognitives du patient. On observe une diminution du temps de réaction, une baisse de l’attention visuelle, et une moindre capacité à gérer des doubles tâches. Ces troubles affectent également la stabilité et le contrôle moteur.

Ces déficits pourraient être liés à une altération de la neuroplasticité, limitant la capacité du système nerveux à se réorganiser après une blessure.

Évaluer les fonctions neurocognitives en pratique

Des tests simples sont utilisés en recherche, comme se tenir en équilibre sur une jambe tout en réalisant une tâche cognitive. Bruno Tassignon présente le Reactive Balance Test qui combine équilibre et temps de réaction à l’aide d’un kit de lumières. Le patient doit éteindre rapidement la bonne lumière tout en maintenant sa stabilité.

Les deux variables principales observées dans ce test sont :

  • Le temps de réaction
  • La précision (taux d’erreurs de décision ou d’équilibre)

Les études menées ont montré que, chez les patients avec instabilité chronique de la cheville, la précision est significativement plus faible que chez les sujets sains, malgré des temps de réaction similaires. Ces patients vont vite, mais avec moins de contrôle.

Intégrer la neurocognition dans la rééducation : comment faire ?

Le message clé est que ces aspects doivent être ajoutés, non remplacés, à la rééducation motrice traditionnelle. Voici les recommandations pratiques proposées par Bruno Tassignon :

Utiliser la technologie

  • Réalité virtuelle : permet de créer des scénarios en double tâche, d’ajuster la difficulté, et de cibler des capacités cognitives spécifiques comme l’inhibition.
  • Tâches de réaction visuelle : systèmes comme BlazePod, FitLight, ou équivalents.
  • Applications mobiles : l’application "Switched On", par exemple, propose des exercices adaptés à divers sports et un essai gratuit.

Méthodes simples et accessibles

  • Cônes de couleur : pour intégrer des choix et des réactions visuelles.
  • Exercices en double tâche : associer des tâches cognitives (compter, répondre à des questions) à des mouvements moteurs ou de stabilité.
  • Exercices dynamiques et imprévisibles : utiliser des ballons, élastiques, déplacements imprévus pour stimuler l’adaptation et la prise de décision.
  • Intégrer coordination et réactivité : renforcer la capacité du patient à gérer des environnements variés et dynamiques.

À propos des lunettes stroboscopiques

Interrogé sur leur usage, Bruno précise qu’elles relèvent davantage de la repondération sensorielle que de la neurocognition telle qu’abordée ici. Leur objectif est différent : perturber volontairement les entrées visuelles pour renforcer d’autres canaux sensoriels.

Messages clés à retenir

  • Les patients avec instabilité chronique de la cheville présentent souvent une altération de leurs capacités neurocognitives. Cela doit être pris en compte dans la rééducation.
  • Un niveau réduit de neurocognition augmente le risque de blessure. Il est donc essentiel d’intégrer ces aspects aussi bien en prévention primaire qu’en reprise post-traumatique.
  • Ajouter une dimension neurocognitive aux protocoles existants améliore la pertinence de la prise en charge et prépare mieux au retour au sport.

Conclusion

L’intervention de Bruno Tassignon met en lumière un aspect encore trop peu exploité dans la rééducation des entorses de cheville : le rôle du cerveau. En intégrant des stratégies visant à développer les capacités neurocognitives – que ce soit par des outils technologiques ou des méthodes simples – le thérapeute peut agir de manière plus globale et préparer son patient à un retour au sport plus sûr et plus durable.

Les recherches en cours, menées en collaboration avec le LROMS et d’autres équipes européennes, ouvrent des perspectives prometteuses pour faire évoluer nos protocoles au-delà de la seule rééducation biomécanique.

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