Test clinique

Test d'Adson

Rachis cervical
L’objectif de ce test

Le syndrome du défilé thoracique est défini comme un syndrome neurovasculaire associé à la compression du plexus brachial et/ou des vaisseaux sous-claviers dans au moins un des 3 compartiments suivants : le triangle interscalénique, l’espace costoclaviculaire et l’espace sous le tendon du muscle petit pectoral (Watson et al. 2009; Dessureault-Dober et al. 2018).

Cette compression peut être causée par plusieurs structures anatomiques comme une côte, des anomalies des muscles scalènes antérieurs ou moyens, une hypertrophie du muscle petit pectoral ou de l'apophyse transverse C7 et bien d’autres encore (Dessureault-Dober et al. 2018). Également, une atrophie, un spasme ou la présence souvent habituelle d’un petit muscle scalène surnuméraire peut compromettre la traversée du défilé des scalènes par les structures neuro-vasculaires.

Bien que le terme de syndrome du défilé thoracique ait été inventé en 1956, il reste une entité clinique controversée. Le SDT est un terme générique qui incorpore de nombreux tableaux cliniques (Yanaka et al., 2004). Il en résulte que le syndrome du défilé thoracique est l'une des affections du membre supérieur les plus difficiles à gérer, son diagnostic reste essentiellement clinique et constitue souvent un diagnostic d'exclusion (Gillard et al. 2001; Watson et al. 2009).

Le syndrome est caractérisé par des douleurs, des paresthésies, une perte de force musculaire et un inconfort dans le membre supérieur, aggravé par l’élévation des bras ou par des mouvements exagérés de la tête et du cou (Lindgren et al. 1995).

Il existe une multitude de procédures de diagnostic actuellement utilisées pour détecter tout type de syndrome du défilé thoracique, parmi celles-ci on retrouve de nombreux tests cliniques objectifs comme le test d'Adson. Cette manœuvre vise à reproduire la tension au sein du triangle interscalénique et de l’espace costoclaviculaire (Watson et al. 2009; Dessureault-Dober et al. 2018).

Vidéo du test
Exécution du test

Pour réaliser le test, le patient est assis en position verticale avec les bras sur les genoux. Le patient effectue une extension et une rotation de la tête du côté testé. Cette manœuvre est suivie d'une inspiration profonde, maintenue jusqu'à 30 secondes, pendant que l'examinateur palpe le poignet pour détecter tout changement du pouls radial. Le test est positif si cette manœuvre reproduit les symptômes connus par le patient comme une paresthésie du côté testé ou si cela crée une diminution du pouls au niveau du poignet (Adson et Coffey, 1927; Watson et al. 2009).
Certains auteurs ont toutefois noté que le test d’Adson était plus souvent positif lorsque le patient tournait la tête du côté controlatéral plutôt que du côté homolatéral (Woods et al. 1965; Watson et al. 2009).

Il est également possible de demander au patient d’effectuer une abduction d'épaule de 15° tout en maintenant sa tête dans la position testée précédemment pendant 1 minute pendant laquelle il respire normalement (Watson et al. 2009).

Valeur clinique

Si les tests de reproduction de symptômes ont des sensibilités et des spécificités limitées, le test d’Adson est l’un des plus efficace d’après l’étude de Gillard et al. en 2001 avec une sensibilité de 79% et une spécificité de 76%.

Toutefois, étant donné la grande variabilité de la fiabilité du test dans la littérature, les thérapeutes doivent être prudents lorsqu’ils utilisent ce test en pratique clinique (Hixson et al. 2017). Les auteurs recommandent d’utiliser une batterie de tests afin d’augmenter la fiabilité du bilan.

Bibliographie

Adson, A. W., & Coffey, J. R. (1927). CERVICAL RIB*. Annals of Surgery, 85(6), 839–857. doi:10.1097/00000658-192785060-00005

Dessureault-Dober, I., Bronchti, G., & Bussières, A. (2018). Diagnostic Accuracy of Clinical Tests for Neurogenic and Vascular Thoracic Outlet Syndrome : A Systematic Review. J Manipulative Physiol Ther, 41(9), 789‑799.

Edwards, D., Mulkern, E., Raja, A., & Barker, P. (1999). Trans-axillary first rib excision for thoracic outlet syndrome. J R Coll Surg Edinb, 44(6), 362‑365

Gillard, J., Pérez-Cousin, M., Hachulla, E., Remy, J., Hurtevent, J., Vinckier, L., Thévenon, A., & Duquenoy, B. (2001). Diagnosing thoracic outlet syndrome : Contribution of provocative tests, ultrasonography, electrophysiology, and helical computed tomography in 48 patients. Joint Bone Spine, 68(5), 416‑424

Hixson, Krista M., Hannah B. Horris, Tamara C. Valovich McLeod, et Cailee E. Welch Bacon. « The Diagnostic Accuracy of Clinical Diagnostic Tests for Thoracic Outlet Syndrome ». Journal of Sport Rehabilitation 26, no 5 (1 septembre 2017): 459‑65.

Lindgren, K. A., et I. Oksala. « Long-Term Outcome of Surgery for Thoracic Outlet Syndrome ». American Journal of Surgery 169, no 3 (mars 1995): 358‑60.

Watson, L., Pizzari, T., & Balster, S. (2009). Thoracic outlet syndrome part 1 : Clinical manifestations, differentiation and treatment pathways. Man Ther, 14(6), 586‑595.

Woods, W. W. « PERSONAL EXPERIENCES WITH SURGICAL TREATMENT OF 250 CASES OF CERVICOBRACHIAL NEUROVASCULAR COMPRESSION SYNDROME ». The Journal of the International College of Surgeons 44 (septembre 1965): 273‑83.

Yanaka K, Asakawa H, Matsumaru Y, Kujiraoka Y, Nose T. Diagnosis of vascular compression at the thoracic outlet using magnetic resonance angiography. European Neurology 2004;51(2):122–3.

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