Test clinique

Test de Yeoman

Hanche
L’objectif de ce test

Pour planter le contexte, rappelons que la lombalgie est l'une des affections musculo-squelettiques les plus courantes ; près de 80 % des personnes ressentent une douleur dans cette zone au moins une fois dans leur vie (Krismer et al. 2007). Malgré sa prévalence élevée, l'étiologie de la lombalgie est mal connue et n'est pas spécifique dans environ 85 % des cas (Ehrlich et al. 1999). Les troubles affectant l'articulation sacro-iliaque, sont définis à l'aide de différents termes, comme l'entorse de la sacro-iliaque, l'instabilité sacro-iliaque, l'arthrite sacro-iliaque et le dysfonctionnement de l'articulation sacro-iliaque (DSI). Ce dernier terme est utilisé dans le cas d'une affection non inflammatoire de l'articulation sacro-iliaque qui se caractérise par une diminution réversible de la mobilité de l'articulation, résultant de causes articulaires (Ombregt et al. 2013). Le dysfonctionnement de l'articulation sacro-iliaque représenterai 10 à 27 % des causes de douleurs mécaniques du bas du dos ou de la fesse (Hoy et al. 2010 ; Manchikanti et al. 2001 ; Maigne et al. 1996 ; Nejati et al. 2019 ; Nejati et al. 2016) et l'une de ses caractéristiques est une sensibilité locale de l'articulation sacro-iliaque (Ombregt et al. 2013). Le dysfonctionnement de l'articulation sacro-iliaque peut être la seule cause de douleur sacro-iliaque ou bien être accompagnée d'une hernie discale ou d'une sténose spinale (Schmid et al. 1985 ; Bernard et al. 1987).

Comme il n'existe pas de norme de référence largement acceptée pour le diagnostic du syndrome de l'articulation sacro-iliaque, le bloc anesthésique de cette articulation est la méthode privilégiée à cet effet (Laslett et al. 2008).
Cependant, malgré ces recommandations, le bloc de l'articulation sacro-iliaque n'est pas rentable et n'est pas non plus pratique pour les thérapeutes qui ne sont pas formés aux injections intra-articulaires. C’est pourquoi de nombreux tests cliniques ont été proposés, parmi lesquels figure le test de Yeoman.

Vidéo du test
Exécution du test

Pour réaliser le test, le patient se place en coucher ventral.  Le thérapeute  fléchit le genou du patient à 90° puis saisit la partie distale de la cuisse. La main libre du kiné vient se placer sur l’épine iliaque postéro-supérieure homolatérale pour effectuer un contre-appui. Puis passivement, le thérapeute amène la hanche du patient en extension. Le test est positif, si celui-ci reproduit les symptômes au niveau de l’articulation sacro-iliaque.

Une douleur localisée au niveau de l’articulation sacro-iliaque peut indiquer une atteinte du ligament sacro-iliaque antérieur. Une paresthésie antérieure de la cuisse peut quant à elle indiquer un étirement du nerf fémoral.

Valeur clinique

En 2020, Nejati et son équipe ont cherché à évaluer la fiabilité et la validité de tests de palpation lors de mouvements comme le test de Gillet et des tests de provocation de l’articulation sacro-iliaque en prenant les blocs anesthésiques comme norme de référence. Les auteurs ont conclu qu’une combinaison des tests de palpation lors du mouvement (test de Gillet, test de flexion lombaire) et de test de provocation permettait d’augmenter la spécificité et les valeurs prédictives positives. A noter que le test de FABER présentait dans cette étude la plus haute des valeurs individuelles. Cette même étude a attribué au test de Yeoman une sensibilité de 64,1% et une spécificité de 33,3%.

Bibliographie

« A System of Orthopaedic Medicine - 3rd Edition ». Consulté le 15 avril 2022. [https://www.elsevier.com/books/a-system-of-orthopaedic-medicine/ombregt/978-0-7020-3145-8](https://www.elsevier.com/books/a-system-of-orthopaedic-medicine/ombregt/978-0-7020-3145-8).

Bernard, T. N., et W. H. Kirkaldy-Willis. « Recognizing Specific Characteristics of Nonspecific Low Back Pain ». *Clinical Orthopaedics and Related Research*, no 217 (avril 1987): 266‑80.

Ehrlich, George E., Nikolai G. Khaltaev, et World Health Organization Chronic Respiratory Diseases and Arthritis Team. « Low Back Pain Initiative ». World Health Organization, 1999.

Hoy, D., P. Brooks, F. Blyth, et R. Buchbinder. « The Epidemiology of Low Back Pain ». *Best Practice & Research. Clinical Rheumatology* 24, no 6 (décembre 2010): 769‑81.

Krismer, M., M. van Tulder, et Low Back Pain Group of the Bone and Joint Health Strategies for Europe Project. « Strategies for Prevention and Management of Musculoskeletal Conditions. Low Back Pain (Non-Specific) ». *Best Practice & Research. Clinical Rheumatology* 21, no 1 (février 2007): 77‑91.

Laslett, Mark. « Evidence-Based Diagnosis and Treatment of the Painful Sacroiliac Joint ». *The Journal of Manual & Manipulative Therapy* 16, no 3 (2008): 142‑52.

Maigne, J. Y., A. Aivaliklis, et F. Pfefer. « Results of Sacroiliac Joint Double Block and Value of Sacroiliac Pain Provocation Tests in 54 Patients with Low Back Pain ». *Spine* 21, no 16 (15 août 1996): 1889‑92.

Manchikanti, L., V. Singh, V. Pampati, K. S. Damron, R. C. Barnhill, C. Beyer, et K. A. Cash. « Evaluation of the Relative Contributions of Various Structures in Chronic Low Back Pain ». *Pain Physician* 4, no 4 (octobre 2001): 308‑16.

Nejati, Parisa, Afsaneh Safarcherati, et Farshid Karimi. « Effectiveness of Exercise Therapy and Manipulation on Sacroiliac Joint Dysfunction: A Randomized Controlled Trial ». *Pain Physician* 22, no 1 (janvier 2019): 53‑61.

Nejati, Parisa, Elham Sartaj, Farnad Imani, Reza Moeineddin, Lida Nejati, et Marta Safavi. « Accuracy of the Diagnostic Tests of Sacroiliac Joint Dysfunction ». *Journal of Chiropractic Medicine* 19, no 1 (mars 2020): 28‑37.

Parisa, Nejati, Karimi Farshid, et Safar Cherati Afsaneh. « The Effect Of Manipulation In Sacroiliac Joint Dysfunction » 34, no 402 (22016/01/01): 1218‑24.

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