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Protocole de Pau-Toronto : les 6 exercices pour la pubalgie

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Protocole de Pau-Toronto, douleurs de l'aine : un homme debout en appui sur une jambe, une main sur le ventre, la cheville libre reliée à un élastique

Le protocole de Pau-Toronto est un programme d'auto-rééducation de six mouvements de hanche, réalisés debout en appui sur une jambe. Il sert à rééduquer les douleurs de l'aine du sportif, longtemps appelées pubalgie.

Sa règle tient en une ligne : 4 secondes pour monter la jambe, 4 secondes de maintien, 4 secondes pour la reposer, 5 fois de suite, des deux côtés. Le plus long est ailleurs. Il faut apprendre au patient à bouger la hanche sans bouger le bassin.

Cet article reprend la description de Bouvard et al. (2004), les consignes d'exécution et de progression, puis la place du protocole parmi les approches que détaille notre module EBP Douleurs de l'aine.

Qu'est-ce que le protocole de Pau-Toronto ?

Bouvard et al. l'ont décrit en 2004 dans le Journal de traumatologie du sport, au sein d'un article sur la stratégie thérapeutique de la pubalgie du sportif. Le protocole poursuit quatre objectifs :

  • dissocier le tronc et les membres inférieurs ;
  • travailler l'équilibre en appui sur une jambe ;
  • corriger l'hyperlordose ;
  • renforcer les abdominaux et les muscles stabilisateurs du bassin.

Les deux jambes travaillent. Celle qui bouge parcourt les six directions de la hanche, celle d'appui tient le bassin pendant toute la série. On commence toujours par faire bouger le côté sain : la jambe douloureuse est alors en appui, et c'est elle qui stabilise.

Les 6 mouvements du protocole

Le patient se tient debout sur une jambe. La hanche libre réalise six mouvements, un par série :

  1. flexion, la jambe tendue part vers l'avant ;
  2. extension, la jambe tendue part vers l'arrière ;
  3. abduction, la jambe tendue s'écarte sur le côté ;
  4. adduction, la jambe tendue croise devant la jambe d'appui ;
  5. rotation interne, le genou levé devant soi, le pied part vers l'extérieur ;
  6. rotation externe, le genou levé devant soi, le pied part vers l'intérieur.
Les six mouvements du protocole de Pau-Toronto en appui sur une jambe : flexion, extension, abduction, adduction, rotation interne et rotation externe de hanche
Les six mouvements du protocole de Pau-Toronto, en appui sur une jambe.

Dans les six mouvements, le tronc et le bassin restent immobiles. Seule la hanche bouge.

Comment réaliser le protocole

Chaque répétition suit le même tempo :

  • 4 secondes pour amener la jambe dans la direction choisie, jusqu'à l'amplitude maximale non douloureuse ou faiblement douloureuse ;
  • 4 secondes de maintien ;
  • 4 secondes pour reposer le pied au sol, sur l'expiration.

Le patient enchaîne 5 répétitions, puis passe au mouvement suivant. Compter les secondes à voix haute l'aide à garder le rythme. Une fois les six mouvements faits d'un côté, il change de jambe d'appui.

La séance complète dure une vingtaine de minutes.

Les premières séances

La première fois, le patient a souvent besoin de temps pour sentir ce que fait son bassin. Les premières séances servent à le lui faire percevoir, pour qu'il puisse ensuite faire le protocole seul, chez lui.

Deux aides simples pendant l'apprentissage :

  • un miroir, pour corriger la posture et la qualité du geste ;
  • les mains du patient, posées sur le ventre et sur les lombaires, ou sur les crêtes iliaques selon le mouvement.

Faire progresser le protocole

Quand le patient maîtrise la version de base, trois leviers l'augmentent :

  • la résistance, avec des poids aux chevilles ou un élastique ;
  • l'instabilité, sur un trampoline ou une mousse ;
  • la vision, les yeux ouverts puis fermés.

Le module donne un repère de douleur pour le renforcement des adducteurs, qu'on peut reprendre ici. Une douleur de 2 à 3 sur 10 au plus pendant l'exercice, qui ne s'aggrave pas dans les 24 heures, permet de progresser. Au-delà de 4 sur 10, ou si le contrôle se dégrade, on revient au niveau précédent.

Vient ensuite un équilibre plus dynamique, avec des déplacements du centre de gravité et des exercices inspirés du Y-Balance Test, sur surface stable puis instable. On y ajoute enfin des tâches de décision, avec des plots de couleur ou des capteurs lumineux.

Combien de temps avant les premiers effets ?

Bouvard et al. (2004) décrivent plusieurs semaines d'apprentissage. Les effets bénéfiques apparaissent à partir de 3 à 4 semaines. C'est en général le temps qu'il faut au patient pour devenir autonome.

Ce que dit la littérature

Pau-Toronto vient de la clinique. Sa description de 2004 n'est pas un essai, et nous n'avons trouvé aucun essai contrôlé randomisé qui l'évalue seul. Il reste souvent utilisé : il ne demande aucun matériel au départ, et le patient le fait seul chez lui.

Deux autres approches de la douleur de l'aine ont été testées dans des essais.

Le protocole d'Hölmich

Hölmich et al. l'ont décrit en 1999. Il comprend deux modules d'exercices : renforcement, stabilité, travail en synergie et proprioception. Il se suit sur 8 semaines au moins. Il est beaucoup moins efficace chez les patients qui présentent une lésion pariéto-abdominale. Fullphysio en propose un programme d'exercices.

L'exercice d'adduction de Copenhague

Harøy et al. (2019) ont suivi 652 footballeurs semi-professionnels norvégiens pendant une saison. Les équipes qui faisaient un seul exercice, la planche de Copenhague, signalaient moins de problèmes d'aine : 13,5 % de prévalence moyenne, contre 21,3 % dans le groupe témoin.

La revue de Quintana-Cepedal et al. (2025) nuance ce résultat. Utilisé seul, l'exercice augmente la force des adducteurs, mais ne réduit pas de façon significative le risque de blessure de l'aine, et la qualité des preuves est jugée très faible. Notre fiche sur le protocole de Copenhague et le programme qui s'en inspire détaillent sa mise en place.

Pour nous, Pau-Toronto a sa place dès le début de la rééducation, pour l'équilibre et le contrôle du bassin. Il accompagne le renforcement progressif des adducteurs, il ne le remplace pas.

Avant le protocole, l'examen clinique

Le protocole ne remplace pas le bilan. Depuis l'accord de Doha (Weir et al. 2015), on parle de douleur de l'aine du sportif plutôt que de pubalgie. On classe la douleur selon l'entité en cause : adducteurs, ilio-psoas, région inguinale, pubis, hanche, ou une autre cause.

Les formes mixtes sont fréquentes. Dans une série de 207 sportifs adressés pour une douleur de l'aine de plus de 2 mois, un tiers présentaient au moins deux entités (Hölmich 2007). Joshua Heerey le dit dans sa masterclass sur l'examen des douleurs de l'aine, donnée en anglais. Nous traduisons :

Plus votre sportif ou votre patient actif souffre de l'aine depuis longtemps, plus il est probable qu'il présente plusieurs entités cliniques différentes lorsque vous l'examinez.
Joshua Heerey
Kinésithérapeute, PhD, La Trobe University

Pour l'examen et le suivi, Fullphysio propose le Copenhagen 5-second squeeze test et le score HAGOS.

Pour aller plus loin

Le module EBP Douleurs de l'aine montre le protocole de Pau-Toronto en vidéo, dans sa partie Traitement et prise en charge. Il couvre aussi l'examen clinique, l'imagerie, le renforcement progressif et le retour au sport.

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Questions fréquentes

Combien de temps dure une séance de Pau-Toronto ?

Une vingtaine de minutes. Le patient fait 5 répétitions de 12 secondes pour chacun des six mouvements, des deux côtés.

Faut-il du matériel ?

Pas pour commencer. Un miroir aide pendant l'apprentissage. Les poids de cheville, l'élastique et les surfaces instables servent ensuite à progresser.

Pau-Toronto ou Copenhague ?

Les deux ne visent pas la même chose. Pau-Toronto travaille l'équilibre et le contrôle du bassin, sans charge au départ. La planche de Copenhague renforce les adducteurs. En rééducation, on peut les associer.

Utilisé par 45 000+ kinés

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